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Dessine Moi… 2.

Je fais suite à mon premier article Dessine Moi 1. qui était assez global et pour ceux qui suivent (oui, là au fond à droite) j’avais promi que si l’article plaisait, j’allais poursuivre et entrer un peu plus dans le détail. Alors merci pour le chaleureux accueil ! Et voici le premier thème : les papiers.

Alors vous allez sûrement vous dire : « pas besoin, le papier on connaît… elle a rien de mieux ? »
Si, si, j’ai mieux mais on reprend en détail et tout commence par une feuille blanche !

Blanche oui mais pas que…

Pour essayer de « structurer » un peu l’article (oui c’est surtout pour moi car j’ai tendance à m’éparpiller) je l’ai décomposé en questions essentielles à se poser avant de commencer :

Quelle technique ? / Quel type de papier ? / Quel grammage ? / Quelle finalité ?

☆ Quelle technique ?

A chaque technique son papier, on n’utilisera pas le même support suivant si l’on pratique
Les techniques dites « humides » : de l’aquarelle (overdose d’eau sur le papier), des feutres « classiques » (use le papier et attaque la fibre), feutres à l’alcool (très humide et éprouvant pour le papier), de l’acrylique liquide ou de l’encre
ou
Les techniques dites « sèches » : pastels secs, pastels gras, crayons de couleur ou fusains

(je n’aborderai pas les peintures à l’huile ou la gouache car je n’utilise plus du tout ces matériaux)

Pour ma part, cela a toujours été ma grande passion : aller acheter mon papier…

☆ Quel type de papier ?

Dans les rayonnages des magasins spécialisés, d’infinies étagères s’alignent révélant quelques centaines de références de blocs de papiers, plusieurs marques, plusieurs grammages, plusieurs appellations, de quoi se perdre et baisser les bras…

Pour vous y retrouver un peu, voici un résumé « technique vs type de papier », il s’agit seulement de mes reco par rapport à mon expérience et de vous faciliter le choix :

• Le papier torchon : je l’utilise pour toutes les techniques humides.

C’est un papier très épais qui supporte parfaitement le mouillage même très abondant. On le reconnaît facilement grâce à sa surface un peu brut, légèrement ondulée en vaguelettes. Son grammage est très élevé et débute autour des 270g/m2 et on grimpe très facilement suivant les marques à 350g/m2. Sa couleur n’est pas blanc blanc mais très légèrement grise/jaune et peut fortement varier d’un papier à l’autre.
{Petit aparté} Il m’arrive souvent parfois d’utiliser des feutres à l’alcool dessus (je vous entends hurler d’ici mais pas autant que mes pauvres feutres qui se vident à la vitesse de l’éclair car l’encre est littéralement absorbée par le papier) mais le résultat est tellement quali…
A noter que je me sers du papier torchon surtout pour les dessins que j’aimerais conserver et exposer, c’est un papier un peu cher qu’on ne peut pas trop se permettre de gaspiller

• Le papier aquarelle : je l’utilise pour toutes les techniques humides.

C’est quasiment la même chose que pour le papier torchon sauf que nous aurons du grain et pas les vaguelettes lisses. Le papier conserve un grammage fort pour tolérer le mouillage intensif.
{Petit aparté} je teste énormément de papiers, souvent les promos en magasins le permettent. Il y a de grandes différences parfois entre 2 mêmes type de papier et les échantillons ne sont pas toujours à disposition donc je cumule les carnets et reste plutôt fidèle lorsque je trouve le bon.

• Le Layout : feutres à l’alcool

J’ai un avis très mitigé sur ce papier. En effet, pour travailler avec des feutres à l’alcool et les économiser c’est THE papier, on est bien d’accord MAIS, et c’est là où le bas blesse, il est beaucoup trop fin. Plébiscité par les rough men il est sans contexte le papier qui permet de profiter de tous les avantages des markers pro, sa surface est lisse et brillante et permet de mélanger les pigments avec naturel et d’utiliser les blenders correctement. Oui mais lorsque vous aurez réalisé une illustration que vous voudrez conserver, vous vous rendrez très vite compte de ses 3 principales faiblesses : la fibre est fragile et se casse facilement, il est quelque peu transparent et jauni très rapidement avec le temps même à l’abri du soleil. Je qualifierai donc ce papier de papier de travail !

• Le Mix Media : je l’utilise pour toutes les techniques même humides.


Ce petit dernier arrivé il n’y a pas très longtemps sur le marché est très « sympathique » et il, je pense, peut mettre tout le monde d’accord.
La qualité de ce papier est évidente = il « accepte » toutes les techniques (sans bousiller vos feutres hein, ça c’est vraiment le nerf de la guerre !)
Sa surface est plus ou moins blanche, lisse et peut se prévaloir d’un grammage cohérent et respectable qui permettra de conserver le dessin et son intégrité (beaucoup de pigments de feutres ne tiennent pas dans le temps et davantage si le papier ne suit pas). Compter environ de 200 à 300g/m2.
Les soucis avec ce papier, pour l’instant je ne les connais pas n’ayant pas encore testé « dans le temps » son usure. Je ne vois que le prix qui peut être un peu élevé et son manque d’âme car pour le coup, j’aime énormément travailler sur des papiers à grain, ce qui n’est pas son cas.

• Le papier grain faiblement grammé : je l’utilise pour toutes les techniques sèches.

Alors pas de visuel pour celui-là que l’on peut trouver pour le coup de partout même en GMS (Grandes et moyennes surfaces) c’est un papier bien moins quali mais qui reste un papier incontournable.
{Petit aparté} Je me souviens encore de cet été où me je me suis retrouvée à devoir acheter une pochette de feuilles de secours car je n’avais pas fait attention que mon bloc était quasiment tout utilisé.
Il y autant de marques, que de grains, que de teintes plus ou moins blanches donc c’est très difficile de tous les détailler.
Ce papier est parfait pour les croquis et les dessins au feutre classique mais vraiment sans trop insister sur les fonds de couleurs car les feutres classiques laissent des traces et si vous désirez retoucher pour harmoniser la fibre est attaquée car elle ne supportera pas l’humidification même légère de l’encre.

Pour vous montrer comment je me suis fais « prendre au piège »

J’ai commencé à griffonner sur une feuille de 180g/m2 (ça peut sembler pas mal quand même) et le dessin me plaisant, j’ai décidé d’encrer très légèrement en ne mouillant pas trop avec un pinceau à réservoir d’eau.
Le papier n’a pas tenu longtemps, je me suis arrêtée juste avant qu’il ne gondole, il avait déjà gonflé.
La photo ne rend pas justice mais au verso, on peut voir les vagues créées par l’humidité à l’emplacement du dessin.

☆ Quel grammage ?

Sur cela j’enchaîne plus facilement sur la problématique du grammage.

Un grammage, forcément plus élevé sera plus résistant mais cela ne fait pas tout (par exemple un cartonné est bien plus épais mais ne conviendra pas forcément à votre travail). Les indications sur les blocs de dessins vous permettent de vous y retrouver lorsque, comme je l’ai décrit en début d’article, vous vous retrouvez devant tous ces pavés de papiers. Mais je pense que cela ne suffit pas, c’est votre sensibilité qui vous fera apprécier une marque et un type de papier. C’est pour cela que je vous montre les papiers que j’ai à la maison et que je ne vous dis pas d’acheter telle ou telle marque. N’hésitez pas à demander en magasins spécialisés des échantillons car souvent les blocs sont filmés et vous ne pouvez pas voir vraiment le papier et le toucher (d’ailleurs quand c’est comme ça et qu’il n’y a ni échantillons, ni bloc ouvert, je demande à un vendeur ou je passe mon chemin).

☆ Quelle finalité ?

L’enchaînement avec le dessin sur papier trop fin convient également pour cette partie.

Griffonnez sur papier c’est bien mais comme je l’avais déjà dit dans l’article Dessine Moi 1. à un moment précis, vous allez réaliser le dessin que vous voudrez « pousser » jusqu’au bout et finaliser. Il est très important de se poser la question de qu’est-ce que je veux faire de ce dessin ? Si vous êtes en recherches de croquis, prenez un carnet avec un grammage faible et donc peu coûteux (un de ceux que j’ai sous la main fait 90g/m2) et si vous voulez encrer, pensez à mettre sous la feuille une autre feuille plus épaisse qui boira l’excédent d’humidité un peu comme le buvard à l’école (ça existe toujours d’ailleurs ? sauf que ce sera sur l’envers de votre dessin.

Voilà voilà pour ce petit tour des papiers que j’utilise…

Mais, mais, il manque une partie ?

Ah bon ? Laquelle ?

Et les sketch books ?

Ah oui, effectivement cela aurait pu faire partie de cet article mais je réserve cela pour un prochain, là aussi il y a beaucoup à dire car on vante les mérites de certaines marques très chères alors que des petits bijoux se cachent dans les rayons !

J’espère que cela vous aura plu.

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires bons ou mauvais

A bientôt ❤️

A noter : pour éviter le gaspillage je ne jette pas systématiquement les papiers utilisés et les ratés. Même si je me loupe et que je fais un massacre, je découpe les parties non touchées et m’en sers pour faire des chutes sur lesquelles je pourrais griffonner, faire mes essais de couleurs ou même de petites expériences. Pas de remords, ni de douleur de jeter du papier vierge. Lorsque je travaille sur des papiers très épais, je n’hésite pas non plus à récupérer le verso de la feuille (la couleur n’ayant pas traversé) pour faire la même chose. A bon entendeur !

Dessine Moi… 1.

Aujourd’hui je prends les crayons la plume pour partager un peu de mon quotidien.

Je ne suis pas très présente sur les réseaux sociaux à l’exception de Instagram et une chouille Facebook mais pour ceux qui m’ont déjà croisé sur ces plateformes, vous n’êtes pas sans savoir que je travaille aussi bien en digital qu’en tradi (sur papier).

Souvent je reçois d’adorables petits messages contenant des questions sur les techniques que j’utilise pour dessiner, mes fournitures de prédilection.

Alors voici ce qui sera le premier article sur ce sujet (il y en aura d’autres si ce contenu trouve son « publique »)

Alors alors, c’est plutôt compliqué de commencer car, pour le coup, on ne sait pas trop par quel bout prendre le/les sujet(s).

Je vais commencer par une de mes dernières réalisations et j’étofferai au fur et à mesure des articles (choix des techniques, du papier, etc)

Je ne sais pas trop ce qu’il en est des autres illustrateurs mais en dehors des commandes pro, je marche à l’inspiration « cyclique » : période de tout en rose, période motifs, période vintage, etc

Là on est plutôt dans la période motifs ethniques

 

Tout ce passe d’abord sur mon sketchbook Moleskine (je change assez régulièrement de marque mais garde un format A5), ça commence quasiment toujours de la même façon, de gribouillages en gribouillages on a, à un moment, un dessin qui ressort plus que les autres et vous donne l’envie de le retravailler sur un support plus « quali ».

 

 

{En aparté} La réalisation est faite sommairement sur ce papier qui, au final, n’est pas tellement indiqué dans le cas des techniques humides (encre, feutre à l’alcool ou aquarelle) donc il faut se méfier de ne pas trop « mouiller » sa plume.

J’ai choisi d’encrer avec un pinceau à réservoir contenant donc de l’eau et quelques gouttes d’encre aquarelle noir.

Je me suis également servi d’un marqueur Copic Ciao (que j’affectionne tout particulièrement pour la pointe pinceau qui permet des dégradés très progressifs)

J’ai choisi les différents matériaux que j’allais utiliser, dont le papier aquarelle CANSON MONTVAL 300g/m2, format A3.

Les voici :

Les pigments Liner de STAEDTLER (différentes pointes), un pinceau format L avec réservoir d’eau de FILL’IT, le marker Copic Ciao R22, la palette GANSAI TAMBI, encre « noir ivoire » de PEBEO, et les indispensables : gomme standard, gomme MONO ZERO et critérium UNI-BALL.

Le plus compliqué reste de refaire les traits sans rien perdre de tous les petits détails qui me plaisaient sur le « brouillon » et dans une échelle un peu plus importante.

 

J’aime énormément créer des contrastes et des reliefs sur le papier qui ne seront perceptibles que suivant certains angles, du coup j’affectionne énormément la palette Gansai Tambi pour ça. L’encre, si bien mélangée, est épaisse et les pigments qui composent les différentes teintes sont de grande qualité, et chatoient à la lumière. Une belle encre de qualité en somme.

Pour le « processus operandi » : après le crayonné, je gomme, j’affine les traits, je corrige si nécessaire (car une fois que l’encre a touché le trait de crayon, ce dernier peut se retrouver « emprisonné » dans l’encre et ne peut plus être retiré) je pose les aplats aquarelles en premier. Une fois que les couleurs sont sèches, je peux à loisir créer les contours, totalement, partiellement ou pas du tout. Pour cette fois-ci ce sera de manière très tranchée avec du noir et partiel pour ne pas « figer » le dessin et qu’il garde une certaine légèreté.

Je pose les aplats et les touches d’or à la fin, cela permet d’équilibrer les couleurs et la compo.

Voilà voilà, j’espère ne pas avoir été trop longue mais efficace dans le contenu.

N’hésitez pas à me faire part de vos remarques, bonnes ou mauvaises

Et quelle et la phrase déjà ? Ah oui « A vos crayons, prêt ? Dessinez ! » pardonnez-moi, c’est la fatigue ça !

A très bientôt

Céline

PS : comptez sur moi pour ne pas prendre en compte tout ce qui est des partenariats. Je parle en toute sincérité des matériaux que j’utilise ou pas. De leurs points forts ou faibles. Je ne vous vendrai pas un produit qui ne m’a pas convaincu voir déçu !

Un grand MERCI !

Un article absolument adorable parut à la une de GOÛTS ET PASSIONS

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Un projet qui me tient à ❤️

Ma ville, mon adorée…

A Lyon, il y a de la poésie, de la gastronomie et de la magie à revendre !

affiche_lyon

Les talons et moi ça fait 18…

illustration_louboutin